Rappelée par Daouda, la 18ème édition d’un événement incontournable dans le monde de la danse contemporaine et de la danse hip hop : Suresnes cités danse, un mélange de genre souvent détonnant et quelques grands noms à nouveau cette année : Bianca Li, Mourad Merzouki, Sébastien Lefrançois.
Concernant Mourad Merzouki, on l’avait vu avec sa compagnie Käfig au Centre National de la Danse de Pantin (pour la reprise de Récital). Il est programmé à Suresnes Cité danse avec entre autres pièces “Agwa” :
Käfig s’abreuve à de multiples courants chorégraphiques et artistiques. En 2006, le chorégraphe rencontre la Companhia Urbana de Dança. De cette collaboration à la confluence de plusieurs univers naît Agwa, un spectacle commun placé sous le signe de l’eau (agoa en portugais), à la fois composant essentiel de notre corps, ressource que l’on se doit d’économiser et de préserver, et symbole de renouveau. Sur scène, les onze danseurs de la Companhia Urbana de Dança virevoltent dans un tourbillon de figures acrobatiques autour de quelques gouttes de cette eau d’autant plus précieuse qu’elle se fait rare :
Voici un extrait glané sur YouTube, sur la chaîne de La maison des arts de Thonon - Evian.

‘histoire hip hop’
Suresnes cités danse au théâtre de Suresnes du 8 au 31 janvier
Dimanche, janvier 10th, 2010Can’t Stop Won’t Stop - une histoire de la génération hip-hop Episode 1
Dimanche, octobre 18th, 2009Extrait Chapitre 6 - L’évolution du style dans le monde des sept miles (p. 143)
“C’est sans doute difficile à imaginer de nos jours, mais au milieu des années 70, la plus grande partie de l’énergie juvénile qui s’est fait connaître sous le nom de hip-hop était concentrée dans un minuscule cercle de 7 miles (environ 11,5 km) de diamètre.
Prenez un plan de New York et faites glisser vos yeux de Manhattan vers le Bronx, en haut… (Lire la suite…)
Can’t Stop Won’t Stop - une histoire de la génération hip hop
Samedi, octobre 17th, 2009
Plus qu’une histoire de la culture hip hop, le livre Can’t Stop Won’t Stop (d’après la devise du gang des Crips) est avant tout l’histoire de la constitution d’une génération et de ses combats pour être reconnue dans un contexte politico-social qui aurait voulu la réduire au silence et à l’invisibilité.
Jeff Chang examine à la loupe, fort de centaines d’entretiens et de recherches minutieuses, les quatre phénomènes principaux qui constituent l’expression de la culture hip-hop : les MC (Masters of Ceremony), les DJ, la breakdance et l’art du graffiti.
Dans la première partie du livre, Jeff Chang Remonte aux origines, parfois anciennes, de ces mouvements (les block parties de Kool Herc, inspirées de sa Jamaïque natale), il retrace la saga d’Afrika Bambaataa, qui rendit le hip-hop populaire dans le monde entier et créa la “Zulu Nation”.
Ce livre est aussi la meilleure et la plus complète histoire des gangs américains.
L’idée est de vous en livrer au fil du temps quelques morceaux choisis, associés à des photos et vidéos glanées sur le net pour les illustrer. Une nouvelle rubrique voit donc le jour sur le site : culture et histoire du hip-hop.
Episode 1 : L’évolution du style dans le monde des sept miles
Michael Jackson, par Jeff Chang : Morning’s End
Vendredi, juillet 3rd, 2009Jeff Chang est l’auteur du livre “Can’t stop won’t stop”, somme et référence sur la naissance du hip-hop dans le Bronx, “A history of the hip-hop generation”. Le livre a d’ailleurs été récemment traduit dans une version française remarquable. J’aimerais à l’occasion retranscrire des extraits ici par des chroniques pourquoi pas.
Sur le blog de Jeff Chang, je suis tombé sur une photo délirante des Jackson Five sous-titrée avec malice “home” (voir ci-contre), et un article assez engagé sur le destin tragique de Michael Jackson. Alors pour vous, en exclu, la traduction approximative de cette article. Pour ceux qui préfèrent la VO (et veulent m’aider à la traduction) : cliquez-ci
Allez, une petite dédicace perso à Marie qui était amoureuse de Michael quand elle avait 6 ans et vivait encore à Paterson avec dad and mum (j’aurais adoré mettre une photo, mais bon)…et aussi un des commentaires posté sur l’article de Jeff qui résume assez bien sa portée :
“Great post Jeff. I felt like I lost Mike years ago. Yesterday made the feelings real. I hope that he truly is resting in peace.”
Voici l’article, je me suis permis d’y ajouter 3 vidéos en illustration du texte de Jeff Chang :
“Bien avant que l’on puisse lire sur le visage cubiste et étiolé de Michael Jackson une performance artistique, les blessures d’un racisme vécu de l’intérieur ou les trop pleins de l’ennui et de la richesse, toutes ces choses qui nous font détourner notre regard, il y avait sa voix.
Ce que Berry Gordy (Berry Gordy Jr est le producteur qui a fondé le label Motown) a entendu de ce garçon de 10 ans fut « émotion, inspiration et douleur »(…) (on pourrait traduire « knowingness » par « vision intérieure » ?).
Pour cette voix, il a perdu son enfance.
Ou plus précisément, il nous a donné sa voix. Ses prestations les plus émouvantes parlaient d’éloignement, de destitution, de désir d’être ailleurs, de l’incapacité de revenir à un passé perdu. Pensez à ces chansons que la génération hip-hop vénéraient : “I’ll Be There”, “I Wanna Be Where You Are”, “Who’s Loving You”, “Maybe Tomorrow”, “All I Do Is Think Of You”, “Ready Or Not”. Dans ces chansons, la « knowingness » (vision intérieure ?) de Michael sonnait plus comme une forme de fragilité. A l’opposé , mais cela ne compense en rien, la pause estivale de “It’s Great To Be Here”.
Si vous souhaitez comprendre comment ce garçon-rêveur et ambivalent, cette incarnation de toutes nos notions de jeunesse et de beauté, ressentait les feux de la rampe et voulait être « normal », écoutez le chanter “Got To Be There”. Quand il décrit la fille de ses rêves marcher à l’aube, c’est comme s’il avait projeté son rayonnement sur elle, imaginant un amour idéal au delà du sang et du broyage de la machine quotidienne à faire des stars.
Quand il touche ce moi “sublimé” (associé plus tard au mot “home”), il nous l’a déjà laissé en patûre.
Michael Jackson - Got To Be There - 1971

Mais en tant que public, nous étions insatiable et sans pitié. Des années plus tard, après l’aisance et la joie apportées par ses 20 ans, après avoir été brisé par son auto-mutilation et les étranges scandales de ses 30 ans, Michael Jackson laissera entendre un tragique, pathétique et poignant : « avez-vous vu mon enfance ? » (”Have you seen my childhood?”). Mais à ce moment, beaucoup d’entre nous avait déjà passé leur chemin en lui tournant le dos.
A la fin, il a même perdu sa voix, auto-diffusée par les avocats et autres gardiens de sa richesse dilapidée, voix consommée par les « Mickey Mouse-sounding paid-TV defenses and overproduced songs », avant finalement de s’éteindre dans le silence.
Le temps réhabilitera la grandeur du talent artistique de Michael Jackson. En espérant aussi qu’il laissera en nous la prise de conscience de notre complicité dans sa chute.”
Vu et traduit sur le blog de Jeff Chang, “Can’t stop, won’t post”


